Tron: Legacy
posté dimanche 6 février 2011 à 0h18 par tagadaman
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Il y a tout un battage médiatique sur Internet autour du dernier Disney, à savoir Tron: Legacy – Tron: l'héritage en français. Quand la vague s'est mise à se calmer, j'ai cru qu'il était déjà passé au cinéma et qu'il ne me resterait qu'à regarder les DVD, un jour peut être. Sauf que la semaine dernière, j'ai découvert en regardant le programme qu'il passait en avant première dans un bon nombre de salles lilloises. Face à de très sérieux concurrents du genre Un balcon sur la mer ou encore Les Émotifs anonymes, j'ai finalement opté pour Tron: Legacy, oubliant encore une fois les lunettes 3D sur mon bureau. À ce rythme là je vais avoir autant de paires de lunettes 3D que de Silent Moebius...
Mais commençons par le commencement : Tron, premier du nom. Ce film, sorti en 1982 (1995 pour Toy Story !), était un OVNI du cinéma de l'époque. C'est un mélange entre du live-action, de la 3D avant qu'on invente le concept de texture, et du live-action en noir et blanc repeint en bleu par des coréens pour rendre les costumes fluo. Voici une version recomposée d'une des premières réunions de pre-prod :
Je vous épargnerais le même dialogue appliqué à Tron: Legacy. À la place, je vais plutôt attaquer un sujet qui fâche, et parler de la 3D. Il n'aura échappé à personne que ces dernières années, la tendance est à faire de plus en plus de films en 3D, malgré le vide technologique autour de la stéréoscopie. On n'a rien vu de fantastique sur les écrans, et on n'a jamais vu la 3D apporter quoi que ce soit d'intéressant à un film, sauf dans certaines expériences comme Beowulf. Jusqu'à ce qu'un jour, James Cameron fasse « sortir la 3-D du ghetto » avec son Pocahontavatar. Ou pas. Ce film est creux, chiant, nul, mal réalisé, et la 3D n'apporte rien. Pour ma part, j'y allais dans l'intention de rester cloué sur mon siège, et tout ce que j'ai vu c'est Pocahontas repeint en bleu.
Mais inutile de s'éterniser sur cette bande annonce un peu trop longue (soyons gentil). L'avantage de ce film, c'est qu'il a permit la mise au point de nouvelles techniques, qui ont été utilisées dans Tron: Legacy. Et à bon escient cette fois ci. Au début du film, on est informé que certains passages sont en 2D, et que c'est fait exprès. En effet, 90% du passage live-action est en 2D, tandis que tout ce qu'il se passe dans le cyberespace est en 3D. À noter un peu de 3D dans le monde réel, car sur les plans en question la 3D était adaptée.
Ce qu'il se passe dans le monde réel est donc tout ce qu'il y a de plus réel, cependant ce qu'il se passe dans le cyberespace est... On va dire que les designers se sont complètement lâchés, et on enchaîne concept graphique de fou sur concept graphique de taré. Les matériaux sont complètement revisités, la force gravitationnelle a tendance à confondre le haut et le bas, les décors sont magnifiques... Et les personnages sont un délice visuel. Après tout, ce sont des programmes, il n'y a aucune raison qu'ils bougent comme des humains. Ils prennent des poses bizarres, bougent en synchronisation, utilisent un nombre restreint de mouvements, et se trainent un maquillage über stylisé. Le rendu esthétique de l'ensemble est excellent. Sans oublier Quora... Je comprends pourquoi Flynn est resté aussi longtemps !
Quand le côté visuel est maîtrisé, mais que la musique ne suit pas, le film est fichu en l'air – si seulement Avatar avait eu les moyens de se payer John Williams... En l'occurrence, il faut être aveugle (ou sourd) pour ne pas remarquer la BO faite par Daft Punk. C'est probablement le dernier groupe auquel j'aurais pensé pour faire la musique d'un Disney, mais quand on y pense aucun autre n'aurait été plus adéquat à un tel film. On découvre donc une musique bien rétro façon synthé des années 80, mais avec des passages orchestraux franchement hollywoodiens quand même. Je ne m'attendais absolument pas à ça, et j'ai très agréablement été surpris. La BO est tout simplement géniale...
Alors, prenez un film d'action magnifique, avec une bande son sublime, des concepts de fou, et ça vous fait l'effet de vous faire broyer le cerveau par deux énormes lingots d'or enveloppés dans une fine rondelle de citron. Mais le film ne s'arrête pas là, et c'est là qu'on voit une divergence au niveau des critiques. Il y a les geeks, et les autres. Car ce film est un concentré de références comme je n'en ai jamais vu – si on écarte les parodies, bien sûr. On reconnaîtra tout un tas de clins d'œil à Tron (sans dec), Batman, Matrix, Star Trek, Blade Runner, plus probablement d'autres que je n'ai pas vu/reconnu, et ce y compris dans la BO. Mais le plus marquant, c'est l'omniprésence de Star Wars. On retrouve un Kevin Flynn aux fortes tendances Obi-Wan Kenobi-esques, des répliques du calibre « je ne suis pas ton père », un clone de la séance anti-TIE Fighter dans le Faucon Millenium, et même le titre a été changé pour être écrit à la Star Wars !
Donc forcément, l'ingrédient principal de Tron: Legacy étant toutes ces bonnes choses bien geek qu'on a aimé dans les 40 dernières années au cinéma, on se retrouve avec d'un côté les geeks qui vont s'exciter sur le shell SunOS, et de l'autre côté les gens qui vont s'attendre à un scénario. Car dans tout comme avec le prédécesseur, l'histoire est tout ce qu'on trouve de plus banal. En fait, elle est tellement parfaitement banale que c'en est tout à fait remarquable. Ce qui rend ce film génial à mes yeux, c'est bien sûr le côté audio/visuel, mais aussi et surtout cette saveur qui rappelle tous mes films préférés en permanence, avec justement un scénario qui laisse la place à cela, tout en apportant 2 ou 3 éléments bien sympa quand même, que je tairais sous peine de spoil massif dans la gueule.
Cela étant dit, j'ai fait assez d'éloges pour aujourd'hui, il faut bien que je tape sur quelqu'un pour compenser. J'aurais pu critiquer la mauvaise qualité de la version rajeunie de Jeff Bridges, mais à la place je vais taper sur la VF. Non franchement, POURQUOI est-ce que Kevin Flynn a la voix d'un type qui fume 3 paquets de clopes par jour alors qu'il vient de passer 20 putain d'années dans un monde virtuel à faire le maître Zen, et qu'il ne fumait pas à la base. POURQUOI ?! Après, il y a bien entendu l'habituel « les acteurs VO ils jouent mieux », mais cependant contrairement à ce que dit le cinéphile de base pour se la péter, je ne suis pas convaincu que les VO soient systématiquement meilleures que les VF. En effet, la VF des Simpson est incroyablement plus marrante que la VO, ou encore certaines répliques de Retour vers le Futur sont largement plus classes en VF. Par contre dans le cas présent, que dalle. On a même je pense une atroce erreur de traduction (à vérifier) : à plusieurs reprises "free" est employé pour dire "libre", mais a été traduit par "gratuit". Meurtre.
Maintenant, j'aimerais balancer quelques futilités, mais je n'ai pas la moindre idée de comment faire ma transition, alors je vous fait le coup classique de la mise en abîme. On notera donc que :
Vous l'aurez compris, ce film reprend avec brio le délire intersidéral de son ancêtre, parfaitement remit au goût du jour. En effet, pour l'ancienne génération les ordinateurs étaient des choses un peu mystiques, tandis que pour l'équipe qui a fait ce film les ordinateurs sont un quotidien dans lequel ils ont grandit. Le tout à base d'effets graphiques incroyables et d'une putain de musique, largement assaisonné de culture geek, ça donne un excellent film, dont il me tarde la sortie au cinéma, pour que je puisse enfin le revoir !
Commentaires
PearsonMelisa27
(site perso)
2011-10-29 08:30
Tyncgycle
(site perso)
2012-01-12 10:38
fast weight loss
(site perso)
2012-01-15 14:38
alarymnemenna
2012-02-02 17:33